Interdiction de publicité sur les combustibles fossiles

Il existe des parallèles frappants entre l’épidémie de tabagisme et la crise climatique. Dans les deux cas, il s’agit de la vente de produits que l’on croyait initialement sûrs, mais qui se sont avérés très nocifs. Pourtant, alors que la publicité sur les produits du tabac est aujourd’hui presque universellement interdite, les entreprises de combustibles fossiles et les constructeurs automobiles sont toujours autorisés à promouvoir leurs produits et activités qui sont dangereux et à forte intensité carbonique.

Partout dans le monde, des politiciens, des publications et des professionnels engagés dans l’action climatique demandent pourquoi la publicité sur les combustibles fossiles est toujours autorisée. Pendant ce temps, les campagnes contre la publicité sur les combustibles fossiles, les voitures et les compagnies aériennes s’accélèrent et donnent lieu à une nouvelle vague de fond, semblable aux campagnes de désinvestissement qui ont connu un énorme succès. Amsterdam vient d’interdire la publicité sur les combustibles fossiles dans son métro, la France a adopté un projet de loi qui interdira la publicité sur les combustibles fossiles en 2022 ainsi que la publicité sur les voitures avec un taux d’émission au-dessus d’un certain niveau en 2028 et, plus près de nous, le conseil municipal de Régina a brièvement voté l’interdiction de toute commandite pétrolière et gazière dans la ville.

Une crise de santé publique

Les médecins ont joué un rôle de premier plan dans le succès de la campagne visant à interdire la publicité sur le tabac, en mettant à profit leur rôle unique pour faire de cette question une question de santé publique. Les médecins sont désormais prêts à s’engager de la même manière dans la lutte contre les conséquences sanitaires de l’instabilité climatique. Les professionnels de la santé peuvent aider à rallier le public et les décideurs à prendre action en attirant l’attention sur les effets du changement climatique sur la santé et sur les avantages secondaires importants qui peuvent résulter des mesures nécessaires pour le combattre.

Comme le tabac, les combustibles fossiles contribuent à une crise de santé publique, aujourd’hui et à l’avenir. Les décès dus à la chaleur et les tragédies liées aux incendies survenus en Colombie-Britannique ces dernières années sont une illustration effrayante de ce qui nous attend. Entre 2030 et 2050, le changement climatique devrait causer environ 250 000 décès supplémentaires par an dus à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress thermique (1). Les effets sur la santé de la pollution de l’air associée à la combustion de combustibles fossiles, principalement par les moteurs à combustion, sont également importants et souvent négligés. Selon une étude de Harvard datant de 2021, la pollution atmosphérique due aux combustibles fossiles a entraîné 8,7 millions de décès dans le monde en 2018, ce qui représente 1 décès prématuré sur 5. La recherche estime que 34 000 décès annuels au Canada sont associés à des infections des voies respiratoires inférieures liées à la seule combustion des combustibles fossiles (2).

Conduire dans la mauvaise direction

Au début de l’été, le Canada a annoncé son intention d’éliminer progressivement toutes les ventes de véhicules légers à essence d’ici 2035, soit dans 14 ans seulement. Il s’agissait d’un important pas en avant. Transformer la mobilité personnelle est l’un des moyens les plus efficaces de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant les résultats en matière de santé publique grâce à une meilleure qualité de l’air, au transport actif et à l’aménagement d’espaces publics pour les gens plutôt que pour les voitures. Mais au lieu de passer à des véhicules plus légers et plus efficaces par rapport au carburant, jusqu’à 80 % des voitures vendues aujourd’hui sont des VUS, des camions et des fourgonnettes qui sont environ 30 % plus polluants que les voitures standards (3). Cette situation est incompatible avec notre engagement à devenir neutre en carbone d’ici 2050.

La campagne d’interdiction de publicité sur les combustibles fossiles

Pour toutes ces raisons, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) mène une campagne exigeant l’interdiction de la publicité par l’industrie du pétrole et du gaz, avec une large coalition d’alliés. Cette coalition comprendra d’autres organisations de santé (associations médicales, associations d’infirmières, organisations de santé publique, etc.), des ONG environnementales, des organisations de jeunes pour le climat, des groupes qui cherchent à protéger le bien-être des enfants et des jeunes, ainsi que les créatifs/créatives et des groupes artistiques et culturels qui essayent de se détacher du financement des combustibles fossiles.

Cette campagne s’appuiera sur les précieuses leçons tirées de campagnes similaires contre les publicités pour le tabac et la malbouffe destinées aux enfants. Toutefois, nous devons et prévoyons planifier et effectuer des changements beaucoup plus rapidement. Alors que la tentative d’interdire la publicité pour le tabac a pris cinq décennies à partir des premières preuves de ses effets néfastes sur notre santé, nous n’avons pas ce temps pour nous éloigner des combustibles fossiles.

Avez-vous vu des publicités de blanchiment écologique sur les combustibles fossiles? Envoyez-nous vos exemples à leah@cape.ca.

Votre organisation souhaite nous rejoindre ou en savoir plus? Contactez Leah Temper, directrice de la campagne d’interdiction des publicités sur les combustibles fossiles, à l’adresse leah@cape.ca.

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