Plastique : Questions relatives à la santé humaine et à la justice environnementale

Luttons contre la pollution plastique au nom de la santé humaine et de la justice environnementale !

CLIQUEZ ICI

 

L’ACME aborde les questions environnementales sous le prisme de la santé planétaire, une approche qui tient compte de l’interdépendance entre différents domaines. Nous reconnaissons l’importance de considérer les liens entre le plastique et les changements climatiques, la santé humaine et la justice environnementale. En nous attaquant aux défis de l’Anthropocène, nous adoptons une approche orientée vers les solutions pour guider nos appels à l’action visant à réduire la production et l’utilisation du plastique à l’échelle globale.

De quelles façons l’ACME s’attaque-t-elle à l’enjeu du plastique?

Le plastique représente un enjeu préoccupant, et ce, tout au long de son cycle de vie. C’est pourquoi nous collaborons avec de nombreuses organisations alliées dans le cadre de plusieurs projets et campagnes afin d’établir des liens entre le plastique, les substances toxiques, la crise climatique, les problèmes de santé et la justice environnementale.

Nos travaux indiquent que le plastique représente une menace importante pour la santé publique et environnementale. Nous soumettons régulièrement des propositions aux organismes gouvernementaux et participons aux consultations publiques sur la santé environnementale et la réglementation des plastiques au Canada. Nous visons également à sensibiliser le public à ces questions en menant des recherches et en publiant des textes. Nous avons soutenu la réforme de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE) et l’adoption du projet de loi C-226 (la Loi sur la stratégie nationale relative au racisme environnemental et à la justice environnementale), deux projets qui tiennent compte de l’enjeu du plastique. De plus, nous avons participé activement à la Coalition for Action on Toxics (CAT) et avons collaboré avec d’autres organisations œuvrant dans le secteur de la santé en prenant part à diverses activités de plaidoyer, de communication, de recherche et d’éducation.

Mieux comprendre l’enjeu du plastique

 

Changements climatiques

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la crise climatique constitue « la plus grande menace sanitaire à laquelle l’humanité est confrontée ». De bout en bout, le plastique contribue de façon considérable aux changements climatiques. Il est donc important de tenir compte de cet enjeu dans l’élaboration des plans de prévention de la pollution et d’en considérer les effets sur la santé humaine et les coûts qui en découlent.

Le plastique contribue dans une large mesure à la crise climatique. Chaque année, 460 millions de tonnes de plastique sont fabriquées, et la production ne cesse d’augmenter. Les matières plastiques génèrent d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES) à chaque étape de leur cycle de vie, de l’extraction et du transport des combustibles fossiles au processus de raffinage, en passant par la gestion des déchets plastiques et la fuite des matières plastiques dans l’environnement. En effet, la production et l’utilisation de plastique et la gestion des déchets plastiques contribuent aux changements climatiques. Lorsque les matières plastiques se décomposent ou sont brûlées, elles libèrent du dioxyde de carbone. L’usage des plastiques à usage unique est également une importante cause des changements climatiques.

L’industrie des plastiques est la source de GES industriels qui connaît la croissance la plus rapide au monde. Le dioxyde de carbone représente environ 76 % des émissions totales de GES, et contribue à environ 20 % de l’effet de serre à l’échelle mondiale. Les émissions de GES attribuables à la production et à l’utilisation du plastique ainsi qu’au traitement des déchets plastiques pourraient représenter 19 % du budget carbone mondial total d’ici à 2040. Des études laissent supposer que si le plastique était un pays, il serait le cinquième émetteur de GES à l’échelle mondiale. 

De nombreux systèmes et produits sont constitués de plastique, notamment les emballages alimentaires, l’équipement médical, les vêtements, les meubles, les pièces automobiles comme les pneus et les phares, les jouets, la vaisselle et les cosmétiques. Les microplastiques s’infiltrent dans l’environnement, par exemple dans les cours d’eau et, finalement, se retrouvent dans nos systèmes alimentaires. Même les routes à forte densité de circulation sont une source potentielle d’émissions de microplastiques. 

Tout au long de son cycle de vie, le plastique réchauffe la planète en générant une importante quantité de GES, et, en raison de la hausse des températures, les gens sont davantage exposés aux substances toxiques. Les changements climatiques, qui entraînent des conditions météorologiques extrêmes, amplifient le rejet de substances chimiques dans l’environnement et exacerbent les effets de la pollution de l’air et d’autres sources de pollution sur la santé humaine. De plus, les produits chimiques toxiques entraveraient la capacité d’adaptation aux changements climatiques. 

Pour que les efforts globaux d’atténuation des changements climatiques et d’adaptation soient efficaces, nous devons absolument réduire l’utilisation des produits en plastique.

Santé humaine

Les produits chimiques toxiques sont étroitement liés à la crise climatique. En effet, ceux-ci provoquent des changements climatiques et aggravent les conséquences de l’exposition aux substances toxiques sur la santé humaine et environnementale. De même, la santé humaine et environnementale est gravement touchée par le plastique et ses composantes toxiques.

À chaque étape de son cycle de vie, le plastique peut menacer la santé humaine. Les personnes sont exposées au plastique et à ses composantes toxiques de multiples façons, et une telle exposition entraîne des conséquences sanitaires variables selon le stade de la vie, du fœtus à l’âge adulte. 

Les coûts globaux associés au traitement des maladies liées au plastique et à la collecte des déchets sont estimés à 800 milliards de dollars canadiens.

Parmi les plus de 10 000 produits chimiques qui sont utilisés pour la fabrication du plastique, plus de 2 400 sont préoccupants, notamment en raison de leur cancérogénicité et de leur potentiel de perturbation du système endocrinien. Certains produits chimiques dangereux, y compris les métaux lourds, les produits ignifuges, les phtalates, les bisphénols et les substances chimiques perturbatrices du système endocrinien, sont également liés au plastique. L’exposition à ces substances est notamment associée au cancer du sein et des ovaires, à l’endométriose, au syndrome des ovaires polykystiques, à des troubles du comportement, à des fausses couches, à des problèmes de santé reproductive et au dérèglement du cycle menstruel.

Plusieurs études portent à croire que l’exposition aux microplastiques peut provoquer une toxicité due au stress oxydatif, et entraîner des lésions inflammatoires, une augmentation de l’absorption ou de la translocation, des perturbations métaboliques, une neurotoxicité et une augmentation du risque de cancer. De plus, une étude récente indique que l’exposition aux microplastiques cause des changements comportementaux et altère les marqueurs immunitaires dans les tissus hépatiques et cérébraux. Les risques sanitaires liés aux microplastiques devraient augmenter au fil du temps. Les particules de microplastique plus anciennes sont encore plus toxiques, car elles peuvent contenir des agents pathogènes et d’autres polluants, notamment des métaux lourds. 

Justice environnementale

Les personnes s’identifiant comme femmes, les enfants, les personnes racialisées et les Autochtones subissent de manière disproportionnée les conséquences du plastique sur la santé. L’exposition à des produits chimiques toxiques associés au plastique tout au long de son cycle de vie augmente également la vulnérabilité de certaines communautés aux effets des changements climatiques.

À Sarnia, en Ontario, on retrouve de nombreuses usines de fabrication de plastique. Les personnes qui y travaillent ainsi que les résident(e)s des collectivités voisines, y compris les membres de la Première Nation Aamjiwnaang, subissent les effets néfastes de l’exposition aux gaz toxiques, aux déchets chimiques et à la pollution de l’air.

Blue Water Bridge reliant Port Huron, Michigan, États-Unis et Sarnia, Ontario, Canada.

« Au Canada, les groupes marginalisés, en particulier les peuples autochtones, sont exposés à des niveaux de toxines qui ne seraient pas acceptables pour d’autres groupes au pays », a affirmé le rapporteur spécial des Nations Unies sur les substances toxiques dans son rapport de 2020. « À l’heure actuelle, l’accès à un environnement naturel propice au meilleur état de santé possible n’est pas considéré comme un droit au Canada. Malheureusement, pour plusieurs Canadiens et Canadiennes, il s’agit d’un privilège hors d’atteinte ». 

Les pays occidentaux, dont le Canada, expédient leurs déchets plastiques vers d’autres pays, engendrant ainsi des effets nocifs sur la santé humaine et l’environnement par-delà les frontières.

L’exposition au plastique à toutes les étapes de son cycle de vie entraîne des effets qui se font sentir de façon disproportionnée par certaines personnes et communautés qui subissent déjà des injustices, et sont rendues encore plus vulnérables en raison de facteurs sociaux et politiques. Au nom de la justice environnementale, nous devons mettre fin à cette situation.