Déclaration de l’ACME sur le projet de loi visant l’interdiction de la publicité pour les combustibles fossiles

OTTAWA/Territoire traditionnel non cédé de de la nation algonquine Anishinabeg, le 6 février 2024 – L’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) se réjouit du projet de loi sur l’interdiction de la publicité pour les combustibles fossiles qui a été déposé par Charlie Angus, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de ressources naturelles et député de Timmins-Baie James. Nous demandons à tous les membres du Parlement d’appuyer cet important projet de loi et de veiller à ce qu’il soit rapidement adopté.

Chaque année, la pollution causée par les combustibles fossiles est directement liée à 34 000 décès prématurés au Canada et à plus de 8 millions dans le monde. Davantage de Canadien(ne)s auront des problèmes de santé tels que des cancers, des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des affections pulmonaires ayant pour cause les émanations toxiques. D’ailleurs, il est choquant de constater que le Canada se classe au troisième rang mondial pour le nombre de nouveaux cas d’asthme infantile liés à la pollution automobile, après le Koweït et les Émirats arabes unis. Les Nations unies ont estimé que, pour la seule année 2018, la pollution atmosphérique due aux combustibles fossiles a entraîné des coûts sanitaires et économiques de l’ordre de 2 900 milliards de dollars, ce qui correspond à l’ahurissante somme de 8 milliards de dollars par jour. Tout cela sans compter les décès liés aux événements climatiques, comme le dôme de chaleur qui a fait 600 victimes en Colombie-Britannique en 2021.

La campagne de désinformation menée par l’industrie pétrolière et gazière contribue à aggraver la crise sanitaire à laquelle les Canadien(ne)s sont confrontés. Ainsi, le projet de loi déposé par Charlie Angus constitue une avancée significative en matière de santé publique. Il fait appel à la Loi sur la santé de la même manière que le Canada s’en est servi pour contrer la publicité mensongère de l’industrie du tabac. C’est ainsi que le taux de tabagisme chez les adultes est passé de 50 % à moins de 15 % aujourd’hui et qu’un nombre incalculable de vies ont été sauvées. L’interdiction s’est avérée un moyen rentable pour le gouvernement d’avoir un impact notable sur le problème du tabagisme.

La présentation de ce projet de loi fait suite à la campagne de l’ACME pour l’interdiction de la publicité pour les combustibles fossiles lancée en 2022, à la pétition présentée au Parlement l’année dernière et à la lettre aux ministres soutenue par une large coalition de plus de 35 organisations représentant plus de 700 000 professionnel(le)s de la santé au Canada.

La campagne dénonce l’« écoblanchiment » de l’industrie pétrolière et gazière, de la même façon que les médecins ont déboulonné les mensonges de l’industrie du tabac concernant les risques de ses produits pour la santé.  L’écoblanchiment est une pratique publicitaire odieuse qui consiste à faire croire qu’une activité ou un produit est respectueux de l’environnement alors qu’il est tout le contraire.

La combustion de combustibles fossiles représente un risque bien plus grave pour la santé des Canadien(ne)s que l’industrie du tabac, ce qui rend l’écoblanchiment des publicités de l’industrie pétrolière et gazière encore plus scandaleux.  Les personnes les plus touchées par la pollution atmosphérique sont les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de pauvreté et les populations autochtones.

La population canadienne est également confrontée à des phénomènes climatiques dévastateurs tels que les feux de forêt, les vagues de chaleur et les inondations, qui sont plus fréquents et plus intenses que dans le passé. Ces événements ont fait des milliers de victimes ces dernières années et continueront d’en faire beaucoup plus dans les années à venir, à mesure que les phénomènes météorologiques extrêmes s’aggraveront.

La protection de la santé des Canadien(ne)s devrait être la priorité du gouvernement fédéral. À cette fin, les entreprises qui exploitent les combustibles fossiles ne devraient pas pouvoir polluer notre air comme elles le font. Elles ne devraient absolument pas avoir le droit de promouvoir leurs produits nocifs et de mentir sur les risques qu’ils représentent pour la santé des Canadien(ne)s.

La tromperie délibérée de l’industrie est bien documentée.  Par exemple, un rapport récent d’Environnement et Changement climatique Canada et de l’université de Yale a révélé que la production de pétrole bitumineux émettait jusqu’à 64 fois plus de gaz à effet de serre (GES) que ce que les entreprises pétrolières ont déclaré. Au Canada, la Loi sur la concurrence interdit aux entreprises de donner au public des indications fausses ou trompeuses.  En réponse aux plaintes déposées par l’ACME, le Bureau de la concurrence a ouvert une enquête sur Pathways Alliance, l’Association canadienne du gaz et Enbridge Gas pour leurs pratiques trompeuses, mais il faut des années pour traiter ce genre de dossiers. Pendant ce temps, les GES continuent d’être rejetés dans l’atmosphère.

Comme les grandes compagnies de tabac avant elles, les grandes compagnies pétrolières sont parfaitement conscientes des effets néfastes de leurs produits. Pourtant, elles utilisent des sommes astronomiques pour soutenir des campagnes publicitaires massives qui non seulement induisent les Canadien(ne)s en erreur, mais nuisent en plus à leur santé. Nous devons mettre fin à la publicité pour les combustibles fossiles dès maintenant, et cela commence par le soutien de tous les partis au projet de loi déposé par Charlie Angus à la Chambre des communes. La santé et le bien-être de tous les Canadien(ne)s en dépendent.

– 30 –

Découvrez les effets de la pollution des combustibles fossiles et de leur publicité mensongère sur la santé :
La pollution des combustibles fossiles tue les Canadien(ne)s et les grandes compagnies pétrolières cachent la vérité

Sabrina Bowman, Directrice générale par intérim, Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME)
647-952-4525, sabrina@cape.ca

Share