L’AQME lance un Cadre de référence sur l’air pour paver la voie à une Stratégie nationale de l’air sain

Montréal, le 6 février 2024 – L’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) lance aujourd’hui son Cadre de référence pour un air sain, élaboré par une équipe de l’AQME composée de Eve Riopel, MD, MSc, étudiante au DrPH à l’université Johns Hopkins, Johanne Elsener, MV, MSc, collaboratrice de l’AQME et présidente de Santé Urbanité, Claudel Pétrin-Desrosiers, MD, MSc, présidente de l’AQME, et de Patricia Clermont, Ph.D, coordonnatrice de l’AQME.

Ce cadre expose plusieurs arguments afin de convaincre le gouvernement de l’importance et de l’urgence de bonifier les outils de surveillance et de contrôle de la qualité de l’air au Québec. Plus encore, nous avons l’ambition que ce Cadre contribue à l’élaboration et à la mise en œuvre très prochaine d’une Stratégie nationale de l’air sain. Notre initiative est soutenue par plusieurs acteurs du domaine de la santé. En effet, partageant nos préoccupations, 14 associations médicales, ordres professionnels, syndicats et autres organisations nous ont fait parvenir des lettres d’appuis officielles :

  1. le Collège des médecins du Québec (CMQ)
  2. le Collège québécois des médecins de famille (CQMF)
  3. la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ)
  4. l’Association des pneumologues de la province de Québec (APPQ)
  5. l’Association des spécialistes en médecine préventive (ASMPQ)
  6. l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ)
  7. l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ)
  8. la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
  9. l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
  10. l’organisation Action cancer du sein du Québec (ACSQC)
  11. la section québécoise de l’Association canadienne des infirmiers et infirmières pour l’environnement (CANE)
  12. la Fondation canadienne pour la santé vasculaire (FCSV)
  13. la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC (Coeur + AVC)
  14. la Fondation québécoise du cancer

Rappelons qu’en septembre dernier, dans le cadre de la Journée internationale de l’air pur pour des ciels bleus, nous avons publié une lettre ouverte exposant déjà notre conviction que de nouvelles normes de qualité de l’air, une refonte de l’Indice de la qualité de l’air ainsi qu’un programme de gestion de la qualité de l’air robuste et systématique sont requis. Le Cadre de référence sur l’air que nous publions aujourd’hui étaye nos propos, avec une revue de littérature approfondie et des recommandations qui découlent de notre travail.

Rappelons aussi que depuis quelques années, à la demande de citoyen.ne.s et de groupes, l’AQME suit des dossiers liés à la qualité de l’air en contexte industriel (à Limoilou, Rouyn-Noranda, Arvida dans l’Est) et en lien avec la pollution atmosphérique liée au trafic routier (quant à l’emplacement de garderies et d’écoles placées trop près de grands axes routiers, à Québec et dans l’Est de Montréal) et les initiatives pour mieux réglementer les émissions des poêles à bois.

– 30 –

Pour information :

Patricia Clermont, PhD, coordonnatrice de l’AQME, patricia@cape.ca, 438-356-2305

Disponibles pour entrevues :

  • Dre Ève Riopel, MD, MSc
  • Dre Johanne Elsener, MV, MSc, présidente de Santé Urbanité et collaboratrice de l’AQME
  • Dre Claudel P-Desrosiers, MD, MSc, présidente de l’AQME

QUELQUES CITATIONS d’organisations appuyant la démarche de l’AQME

Dr Alain Papineau, président du Collège québécois des médecins de famille (CQMF)

« Le Collège québécois des médecins de famille et son groupe de travail sur la santé et l’environnement appuient le Cadre de référence pour un air sain produit par l’AQME. Les impacts d’une mauvaise qualité de l’air sur la santé de nos collectivités imposent d’intégrer une gestion rigoureuse de normes actualisées de qualité de l’air. Nous sommes convaincus qu’un plan clair et structurant est nécessaire pour un passage efficace à l’action. Nous appelons le gouvernement du Québec à faire figure de proue en la matière et à devenir un fier exemple pour le reste du Canada. »

Karine Grondin, inh., Fellow de la Société canadienne des thérapeutes respiratoires (FSCTR), présidente de l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ)

« En raison de leur expertise en santé cardiorespiratoire, les inhalothérapeutes constatent chaque jour les effets pernicieux de la dégradation de la qualité de l’air sur les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire chronique. À l’évidence, cette démarche de l’AQME va de pair avec le rôle actif joué par les inhalothérapeutes dans la promotion de la santé et la prévention de la maladie auprès de la population québécoise. Cette initiative innovante contribuera à faire de nos environnements de sains milieux de vie et de travail, pour une meilleure résilience face aux changements climatiques.»

Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ)

« Compte tenu de son rôle sociétal et de sa mission de protection du public, l’OIIQ soutient la démarche intégrée de l’AQME. Adopter un cadre de référence où l’on surveille l’état de l’air permettra d’être au fait des situations les plus à risque pour la population. À ce sujet, l’OIIQ mettait en lumière, dans sa prise de position, Les impacts des changements climatiques sur la santé des populations et la pratique infirmière (2019), la nécessité pour les infirmières et infirmiers d’être adéquatement outillés pour intervenir dans ce contexte où les patients sont plus à risque. L’OIIQ invite les 83 418 infirmières et infirmiers du Québec à soutenir les initiatives visant à reconnaître le climat comme une urgence mondiale en matière de santé. »

Françoise Ramel, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

« En tant qu’organisation syndicale se préoccupant des changements climatiques et de leur impact sur la santé de la population québécoise, la FIQ salue la démarche de l’AQME. En misant sur des mesures de prévention dans toutes les sphères de la société, comme avancé par le Cadre de référence sur l’air sain, le gouvernement réduira les risques de maladies et contribuera à soulager un réseau de santé déjà trop surchargé. »

Naomi Pastrana Mankovitz, co-représentante du Québec pour l’Association canadienne des infirmiers et infirmières pour l’environnement (ACIIE-CANE)

« Prendre au sérieux l’urgence de la crise climatique, c’est le seul moyen d’empêcher la situation d’empirer. Nous constatons déjà une incidence croissante des problèmes respiratoires, rendus étonnamment évidents lors de la dernière saison des incendies de forêt. Il n’y a pas de santé sans air sain. Nous ne voulons pas que l’odeur de feu de camp devienne la nouvelle norme en juin. Nous soutenons l’initiative l’AQME pour ces raisons. »

Marco Décelles, directeur général de la Fondation québécoise du cancer

« Compte tenu de notre rôle à soutenir et à améliorer la vie quotidienne des personnes touchées par un cancer, la Fondation québécoise du cancer appuie l’initiative de l’AQME. Nous savons aujourd’hui que la pollution de l’air a une incidence directe sur l’augmentation des cas de cancer. Toutes les 8 minutes, une personne reçoit un diagnostic de cancer au Québec et ce chiffre ne fait qu’augmenter annuellement : c’est la cause numéro un de mortalité dans la province. Cela laisse présager l’impact significatif sur notre société et sur notre système de santé, d’où l’importance d’une planification et de la mise en œuvre d’actions concrètes pour non seulement répondre aux besoins des personnes touchées par un cancer, mais aussi pour prévenir les risques ainsi que les récidives de cancer. »

Maria Anney, directrice générale d’Action cancer du sein du Québec

« Pour ACSQ, les différentes solutions à la pollution de l’air passent par une réglementation anticipée et une responsabilisation des industries polluantes (entre autres). Une stratégie nationale de l’air sain et des investissements gouvernementaux pour une mise en œuvre de solutions justes et équitables est une voie urgente. Il est de notoriété publique, appuyé par la communauté scientifique, que la pollution de l’air aggrave plusieurs maladies (pulmonaires notamment et également certains cancers). Les questions de pollution et d’exposition aux substances toxiques sont des enjeux racialisés (racisme environnemental), genrés et féministes. De ce fait, toutes alternatives pour contrer la pollution atmosphérique sont aussi des questions de justice distributive et environnementale. »

Dr Jean-Pascal Costa, vice-président de la Fondation canadienne pour la santé vasculaire (FCSV)

« La mission de la Fondation canadienne pour la santé vasculaire est de promouvoir la prévention et le traitement de la maladie artérielle périphérique (MAP). La protection de la qualité de l’air a une importance primordiale pour réduire les complications telles que l’inflammation, les évènements cardio-vasculaires et voire même la mortalité. Dans ce contexte, la FCSV recommande la pratique régulière d’activités physiques, notamment la marche, de préférence à l’extérieur, et d’autres sports de plein air. La qualité de l’air est donc un facteur essentiel pour maximiser les bienfaits de cette pratique et préserver la santé vasculaire. »

Dre Johanne Elsener, MV, présidente de Santé Urbanité

« Il est urgent que le gouvernement du Québec adopte une stratégie nationale de l’air et accélère la mise en œuvre des solutions: investissement massif dans les transports actifs et collectif, transition énergétique, meilleure réglementation des poêles à bois et des émissions industrielles, villes des courtes distances et verdissement urbain. »

Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, MD, présidente de l’AQME

« Les enjeux de qualité de l’air sont dans notre angle mort depuis maintenant trop longtemps. Avec des coûts socio-sanitaires de plus de 30 milliards de dollars par année, assurer un meilleur contrôle de la qualité de l’air pour tous- notamment en resserrant les normes de qualité de l’air pour nous aligner avec les données scientifiques les plus actuelles-, c’est une opportunité à saisir qui est pleine de bon sens, d’autant plus en contexte de crise climatique. »

Share