La santé environnementale, un enjeu électoral clé qui ne doit pas être oublié par le prochain gouvernement

À quelques jours des élections, l’ACME réfléchit beaucoup aux liens entre les environnements et la santé, ainsi qu’aux lois, règlements et politiques qui les influencent. Et nous avons demandé à notre communauté de l’ACME de parler de ces liens avec leurs députés, leurs candidats, les médias, leurs amis(e) et leurs familles.

La nécessité d’améliorer la protection de la santé environnementale par une réforme de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE) est l’un des éléments essentiels de la protection de la santé des personnes qui vivent et travaillent au Canada. Les expositions toxiques évitables continuent d’être un problème de santé publique et de justice environnementale.

Les expositions nocives touchent de façon disproportionnée les femmes, les enfants, les peuples autochtones et les personnes vivant dans la pauvreté, ainsi que d’autres populations rendues vulnérables aux effets néfastes de l’environnement pour des raisons biologiques et socio-économiques. Près de 15 000 Canadiens meurent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique et les Canadiens à faible revenu sont trois fois plus susceptibles de vivre à proximité de sources de pollution atmosphérique. 18 % des décès prématurés dans le monde sont dus à la pollution atmosphérique liée aux combustibles fossiles. Les femmes nouvellement arrivées au Canada et les femmes racialisées travaillent souvent dans des conditions précaires avec des expositions toxiques et sont exposées de manière disproportionnée à un grand nombre de produits chimiques toxiques. Les expositions in utero constituent une fenêtre critique de vulnérabilité en termes d’impact des expositions toxiques sur le fœtus.

Nous devons actualiser notre législation fondamentale en matière de protection de l’environnement pour tenir compte de ces réalités quotidiennes.

Le dépôt par le gouvernement actuel du projet de loi C-28, Loi renforçant la protection de l’environnement pour un Canada plus sain, le 13 avril 2021, nous fait avancer dans la bonne direction. Mais le projet de loi est mort au feuilleton avec le déclenchement des élections. Nous avons donc exercé de fortes pressions pour obtenir des promesses électorales visant à renforcer la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE) par la réintroduction rapide d’un projet de loi C-28 amélioré.

Peu importe qui formera le prochain gouvernement, nous devrons continuer à défendre vigoureusement la réforme de la LCPE et la réintroduction et le renforcement du projet de loi C-28. Mais cela ne fait pas de mal d’aborder certains de ces besoins dès maintenant dans vos conversations avec les candidats et les collègues.

Après la présentation du projet de loi C-28, et en concert avec nos partenaires de la coalition pour la santé environnementale, nous avons demandé certaines mesures clés pour renforcer le projet de loi C-28. Nous voulons que le droit à un environnement sain ne soit pas limité, c’est-à-dire qu’il ne soit pas contrebalancé par des facteurs économiques qui pourraient nuire à la santé. Nous voulons que les substances toxiques préoccupantes soient classées par ordre de priorité dans la loi et que l’on s’assure qu’elles ne soient pas remplacées par d’autres substances nocives. Nous avons besoin de voir les expositions réelles évaluées, en tenant compte des effets cumulatifs et synergiques des substances toxiques, avec des délais clairs pour les évaluations.  Et nous voulons des mesures coercitives qui préviendront, arrêteront ou atténueront les dommages lorsque les émissions ou les rejets contreviennent  aux règlements en place.

Il existe d’autres éléments qui rendront le projet de loi C-28 plus solide. Et nous devrons insister sur ces éléments au moment opportun. Mais pour l’instant, avant l’élection, faisons un dernier effort afin que la réforme de la LCPE fasse partie du relancement en santé dont nous avons besoin après la pandémie de la Covid-19 et pour assurer notre santé actuelle et future.

Les protections de la santé – que ce soit par le biais d’une LCPE améliorée, la fin de toutes les subventions, des finances publiques et autres soutiens fiscaux au secteur pétrolier et gazier d’ici 2022, y compris le soutien financier accordé par Exportation et développement Canada, les travailleurs et les peuples autochtones en tant que membres clés de tous les processus de planification de la transition, ou la fin des exportations nocives de charbon thermique – sont des besoins essentiels de notre prochain gouvernement.

Comme le proclame l’initiative, appuyée par l’ACME, une planète, une voixles solutions existent et ensemble, nous pouvons rebâtir une société plus juste, meilleure pour notre santé, l’économie et la nature.”

Beaucoup d’entre vous ont organisé des débats, pris contact avec vos députés et candidats aux élections, avez signé des déclarations, écrit des lettres à la rédaction, organisé des débats et mobilisé vos amis et voisins.

Nous nous tournons maintenant vers les candidats et les chefs de parti qui promettent de mettre en œuvre des mesures fortes, y compris des actions législatives, pour réduire la pollution, protéger notre environnement et promouvoir une bonne santé, aujourd’hui et à l’avenir. Et ceux qui formeront notre prochain gouvernement auront besoin que nous continuions à les sensibiliser aux éléments essentiels de la législation, de la réglementation et de la politique en matière de santé environnementale.

Nous devons tenir les élus responsables de leurs promesses. Notre plaidoyer, fort de l’expertise et de la voix des professionnels de la santé, exige la protection la plus forte possible de la santé environnementale et de la prévention des maladies – ceci représente ce qui est, et ce qui sera nécessaire en permanence pour un avenir où la planète et les humains seront en bonne santé. 

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