Reprendre son souffle après la COP

Certains des derniers moments de la COP26, qui s’est achevée samedi, ont été difficiles à regarder. Bien qu’il faille éviter de tomber dans le piège qui consiste à placer tous nos espoirs dans un processus international extrêmement désordonné et profondément inéquitable, le message de la COP comme « de la dernière chance » était fort.

À bien des égards, il a été décourageant de voir où nous avons atterri – en effet, nous n’avons que repoussé la balle un peu plus loin pour une autre année et nous avons largement échoué du point de vue de l’équité mondiale. Et, alors que nous assistons ou vivons un autre désastre en Colombie-Britannique cette année, en plus de tant de véritables catastrophes auxquelles sont confrontés les gens au Canada, surtout ceux du Nord, et dans le monde entier, nous devons nous demander :

Qu’est-ce que cela signifie pour nous à l’ACME?

Tout d’abord, il y a beaucoup à célébrer du point de vue des systèmes de santé.

« L’énergie internationale au sein du secteur de la santé autour des soins de santé résilients à faible émission de carbone était palpable, de la nouvelle ambulance électrique à l’hydrogène du NHS aux plus de 50 pays qui ont maintenant signé. Comme l’a dit le Dr Watts dans un discours prononcé plus tôt cette semaine, nous avons l’impression d’entrer dans une nouvelle ère pour le travail sur le changement climatique et la santé – une phase où la décarbonisation est inévitable.”

– Dre Courtney Howard, présidente sortante de l’ACME

Comme Courtney a présenté la fin de semaine dernière à l’émission What on Earth de la CBC, grâce à nos collègues de l’Alliance mondiale pour le climat et la santé et de l’Organisation mondiale de la Santé, la conversation sur la santé a été plus importante à la COP26 qu’à n’importe laquelle des 25 conférences précédentes. Et grâce à vous, communauté de l’ACME, ainsi qu’à de nombreux autres partenaires du secteur de la santé au Canada, le Canada est passé d’une grande ignorance du programme de santé de l’OMS pour la COP26 à sa signature en quelques jours seulement. Nous nous sommes maintenant engagés à mettre en place des systèmes de santé résilients et à faible émission de carbone.

Deuxièmement, il est plus clair que jamais que ce que nous rendons politiquement possible ou même inévitable chez nous les 50 autres semaines de l’année donne des résultats durant les deux semaines que nos dirigeants politiques passent à la COP. Il semble, par exemple, qu’à ce moment, le ministre Guilbeault ne croit pas qu’il sera nécessaire de renforcer nos objectifs d’émissions en vue de la conférence de l’année prochaine. Le Canada, qui n’a pas réussi à réduire ses émissions du tout au cours des dix dernières années, prétend que ses plans sont déjà suffisants.

Nous savons que ce n’est pas le cas, et nous devons changer le discours selon lequel notre dépendance continue aux combustibles fossiles est inévitable. À l’ACME, nous lancerons bientôt une campagne pour faire valoir que la combustion des combustibles fossiles est tout aussi dangereuse pour la santé que les cigarettes et que, par conséquent, les publicités faisant la promotion de ces activités doivent être réglementées de la même manière. Nous participons à la planification d’un sommet sur la justice et la transition pour les travailleurs et les peuples autochtones avec nos collègues du Réseau Action Climat. Nous faisons aussi partie d’une nouvelle coalition axée sur l’adaptation, et, de plus, nous travaillerons avec vous pour exercer des pressions au niveau fédéral sur les membres du Parlement et les principaux ministres afin d’accroître la responsabilité climatique du Canada. Si vous ne le faites pas déjà, nous vous encourageons également à vous impliquer auprès de votre comité régional – un excellent travail est réalisé au niveau provincial et municipal.

La COP26 ne nous a pas permis d’atteindre les objectifs fixés, mais ce n’était jamais une vraie possibilité. Le travail qui rend possible le changement à la COP se fait chez nous. Nous sommes heureux d’y participer avec vous, maintenant et à l’avenir.

En toute solidarité,

Anjali

P.-S. – Connaissez-vous d’anciens athlètes olympiques d’hiver qui seraient prêts à s’exprimer au sujet de la commandite des sports par des entreprises œuvrant dans le milieu des combustibles fossiles? Faites-le nous savoir!

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