L’industrie du gaz naturel liquéfié a des répercussions négatives sur les fermetures de salles d’urgence, la santé et l’accès aux soins de santé en C.-B.

Territoires non cédés des nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) et səlilwətaɬ (Tsleil-waututh) (Vancouver) | 13 août 2024 – L’industrie du gaz fossile liquéfié (GNL), qui connaît une expansion rapide en Colombie-Britannique, exacerbe la crise de l’accès aux soins de santé dans la province et augmente les coûts du système de soins de santé, y compris les fermetures de salles d’urgence et la pénurie de travailleurs de la santé, préviennent l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) et l’Association canadienne des infirmières et infirmiers pour l’environnement (ACIIE).

Les organisations publient une lettre ouverte signée par plus de 300 professionnel.le.s de la santé et lancent une campagne publicitaire déployée devant les principaux hôpitaux de Vancouver afin de mettre en évidence les nouvelles conclusions sur la façon dont l’industrie du GNL pousse le système de santé de la Colombie-Britannique vers l’effondrement.

Les répercussions sur la prestation des soins de santé sont particulièrement graves dans le nord-est de la Colombie-Britannique, où les fermetures fréquentes des services d’urgence affligent les collectivités locales. Après avoir parlé à plusieurs médecins actuel.le.s et ancien.ne.s de la Région de Peace, l’ACME a appris qu’au moins sept médecins (soit près de la moitié des 15 à 20 médecins de famille nécessaires pour assurer le service d’urgence et fournir des soins primaires) ont fermé leur cabinet et quitté Dawson Creek ces dernières années, invoquant leurs connaissances et leurs craintes quant aux impacts de l’industrie du GNL et de la fracturation sur la santé et la communauté.

L’une des mesures urgentes réclamées par l’ACME et l’ACIIE est la réalisation d’une étude d’impact sur la santé complète et indépendante afin d’évaluer les effets sur la santé des activités de GNL et de fracturation en Colombie-Britannique, à l’instar de l’étude communautaire de 12 millions de dollars financée par Ottawa pour déterminer si les sables bitumineux de l’Alberta sont la cause de la montée en flèche des taux de cancers rares, de maladies auto-immunes et de problèmes de peau dans trois communautés autochtones du nord de l’Alberta situées à proximité d’exploitations pétrolières et gazières.

Les implications actuelles de l’industrie du GNL en matière de santé sont les suivantes :

À travers la province :

  1. accélération des changements climatiques par les principaux émetteurs de gaz à effet de serre du monde opérant en Colombie-Britannique, qui est étroitement liée à l’augmentation des coûts des soins de santé;
  2. pollution de l’air intérieur et extérieur à cause de l’utilisation croissante des gaz fossiles dans les foyers de la province, ce qui augmente aussi les coûts des soins de santé liés aux maladies respiratoires.

À proximité d’opérations de GNL et de fracturation :

  1. pénurie de personnel de santé dans le nord-est de la Colombie-Britannique, y compris au niveau du redéploiement des services d’urgence des hôpitaux;
  2. coûts de santé locaux directs et impacts négatifs sur la santé des communautés, y compris les risques plus élevés de maladie et de mortalité dans les communautés touchées par la fracturation;
  3. coûts sociaux, notamment avec l’aggravation de l’accessibilité au logement, les perturbation des familles et des communautés, et l’augmentation des taux d’infections sexuellement transmissibles et de la consommation de substances dans le nord-est de la Colombie-Britannique en raison de la culture des camps de travail.

« Les patient.e.s de toute la Colombie-Britannique rencontrent des difficultés majeures pour accéder aux soins de santé. En augmentant l’extraction et l’utilisation de gaz naturel polluant qui aggrave les effets des changements climatiques sur la santé et qui génère d’importants coûts de personnels médicaux, sociaux et de santé dans les communautés avoisinantes, l’industrie du gaz fossile accélère notre crise des soins de santé. Nous demandons aux gouvernements actuel et futur de la Colombie-Britannique de prendre des mesures immédiates pour protéger nos patients et le système de santé des effets néfastes de l’industrie du GNL », déclare la Dre Melissa Lem, médecin de famille à Vancouver et présidente de l’ACME.

Les soins de santé figurent systématiquement parmi les trois principales priorités des habitant.e.s de la Colombie-Britannique. La charge qui pèse sur le système de santé est sur le point d’augmenter de façon exponentielle en raison des choix de la province en matière de fracturation et de gaz naturel liquéfié (GNL). Ses politiques et réglementations actuelle –  qui permettent l’expansion continue de la fracturation et des infrastructures de gaz fossile avec une surveillance et des protections inadéquates – jettent les bases d’une détérioration de la santé des communautés. Car au moins six projets de GNL sont sur le point de contribuer à la moitié des gaz à effet de serre de l’ensemble des émissions actuelles de la Colombie-Britannique, intensifiant ainsi les effets des changements climatiques sur la santé.

« Bon nombre des jeunes médecins avec lesquel.le.s je travaillais ont quitté Dawson Creek, et je ne les blâme pas. J’ai constaté un nombre disproportionné de cancers, de symptômes inexpliqués et de maladies rares chez les travailleurs du GNL et d’autres membres de la communauté. Et comme le système scolaire local est axé sur les métiers, les étudiant.e.s qui souhaitent faire carrière en-dehors du pétrole et du gaz n’ont que peu d’options. Or de nombreux médecins de notre région attachent une grande importance aux études, et certain.e.s déménagent lorsque leurs enfants arrivent aux études post-secondaires. Nous avons besoin d’une meilleure protection et d’un meilleur contrôle de l’industrie du GNL, ainsi que de meilleures possibilités d’emploi, pour que notre communauté reste en sécurité et en bonne santé », déclare le Dr Ulrike Meyer, médecin de famille qui a choisi de rester sur place pour soigner ses patient.e.s dans le nord-est de la Colombie-Britannique.

Le gaz de fracturation sera transporté par le gazoduc Coastal GasLink jusqu’à LNG Canada, le premier des nombreux terminaux d’exportation de GNL proposés au Canada. Cette installation devrait commencer à brûler du gaz dans les semaines à venir. Les habitant.e.s de la région de Kitimat seront ainsi exposé.e.s à des niveaux non quantifiés de polluants atmosphériques nocifs – notamment des composés organiques volatils (COV), des oxydes d’azote (NOx) et des particules – liés à de graves problèmes de santé, notamment l’asthme infantile, les maladies cardiovasculaires, les décès prématurés, les cancers du poumon et d’autres formes de cancer.

Lisez la lettre ouverte de l’ACME et de l’ACIIE, contenant les cinq mesures immédiates que plus de 300 médecins, infirmières et infirmiers demandent au gouvernement de la Colombie-Britannique de mettre en œuvre.

CITATIONS ADDITIONNELLES

Dre Deborah Curry, médecin de famille à Vancouver, membre du comité directeur de CAPE BC et co-responsable de la campagne :

« Si nous ne prenons pas des mesures immédiates pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, chaque enfant né.e aujourd’hui sera confronté.e à un monde plus chaud de 4 °C au cours de sa vie, ce qui entraînera de graves vagues de chaleur, des sécheresses, des inondations, des incendies de forêt, la propagation de maladies infectieuses et des migrations massives. Le soutien effréné de la province au GNL ne fait qu’exacerber ces effets néfastes sur la santé. Nous demandons à la Colombie-Britannique de faire marche arrière et de prendre des mesures immédiates pour protéger les habitant.e.s de la province contre ces risques sanitaires immenses.»

Aggie Black, RN, MPH, représentante du CANE, Colombie-Britannique :

« Collectivement, nous devons accorder beaucoup plus d’attention à la façon dont l’industrie du GNL affecte notre santé et pèse sur le système de soins de santé en Colombie-Britannique. La science montre que la fracturation est liée à des effets néfastes sur la santé mentale et physique, notamment avec des taux plus élevés de naissances prématurées, de maladies cardiaques, d’asthme et de leucémie infantile. En tant qu’infirmières et infirmiers, nous sommes obligé.e.s de ramasser les morceaux alors que les communautés souffrent de ces effets néfastes sur la santé. »

Cameron Fenton, ambulancier paramédical de la Colombie-Britannique :

« Quand le gouvernement de la Colombie-Britannique dira-t-il non à davantage de GNL ? Le GNL n’est pas une solution climatique. C’est un combustible fossile qui n’est pas plus efficace que le charbon pour résoudre la crise climatique – et il nuit à la santé humaine, augmente les coûts du système de santé et réduit l’accès aux soins. Les secouristes comme moi voient les effets des changements climatiques sur la santé, mais nous les ressentons aussi. Lorsque les températures augmentent, nous transpirons dans la rue pour répondre à l’augmentation du nombre d’appels au 911. Lorsque des incendies de forêt se déclarent, nous inhalons le même air enfumé que celui dans lequel nos patient.e.s peinent à respirer. Nous voulons que nos patient.e.s et les communautés locales aient un avenir plus sain – et cela ne peut pas inclure la fracturation ou le GNL. »

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Outils médiatiques

  1. Site web (en anglais) : LNGandHealthcare.ca
  2. Lettre ouverte (traduite en français) : GNL, fracturation et coûts du système de santé en Colombie-Britannique
  3. Graphiques : Les médias sont invités à utiliser les photos et les graphiques de ce dossier.

À propos de l’ACME

L’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) est une organisation à but non lucratif dirigée par des médecins qui s’efforce d’assurer la santé humaine en protégeant la planète. Depuis sa fondation en 1994, le travail de l’ACME a permis de remporter des victoires politiques substantielles en collaboration avec de nombreux partenaires des mouvements pour l’environnement et la santé. D’un océan à l’autre, l’organisation opère dans tout le pays avec des comités régionaux actifs dans la plupart des provinces et tous les territoires, www.cape.ca/fr

À propos de l’ACIIE

L’Association canadienne des infirmières et infirmiers pour l’environnement (ACIIE) fait partie du Réseau des spécialités infirmières de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (ACII). Nous représentons les infirmières et infirmiers canadien.ne.s qui se consacrent à l’amélioration de la santé de la planète, www.cane-aiie.ca

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