La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est une journée pour se souvenir des préjudices causés par l’héritage des pensionnats et honorer la persévérance et le leadership des Survivant(e)s. C’est une journée pour prendre du recul, afin d’apprendre à aller de l’avant ensemble.
Étant donné le contexte, la réparation des torts passés et présents ne doit pas reposer uniquement sur les épaules des peuples autochtones. Comme le dit le Centre national pour la vérité et la réconciliation, l’héritage des pensionnats « ne fait pas seulement partie de qui nous sommes en tant que Survivant(e)s – cela fait partie de qui nous sommes en tant que nation » (traduction libre). Les colons non autochtones comme moi, et les organisations fondées par des colons (telles que l’ACME), doivent prendre leurs responsabilités sur le chemin vers la réconciliation.
Voici quelques-unes des implications :
Cela signifie prendre le temps de faire des apprentissages et du développement personnel.
J’ai grandi en tant que colon dans ce qui est actuellement connu sous le nom de Toronto (territoire traditionnel des Mississaugas de Credit, des Anichinabés, des Chippewas, des Haudenosaunee et des Wendats). J’ai eu une enseignante qui, de sa propre initiative, nous a parlé des horreurs des pensionnats, mais à part cela, ma compréhension de l’histoire des Autochtones, des peuples autochtones et du contexte autochtone actuel était, pour ainsi dire, incomplète.
Au cours des dix dernières années, j’ai dû examiner de près mon manque de compréhension à propos des crimes de génocide perpétrés par ce pays à l’encontre des populations autochtones et, plus spécifiquement, les échecs du mouvement environnemental – à certains moments – à inclure et à s’associer de manière significative avec les peuples autochtones en tant qu’alliés. Bien que j’aie fait mon propre travail pour comprendre et travailler activement sur mon racisme et ma colonisation intériorisés, et que j’aie travaillé avec d’autres pour apprendre et promouvoir de meilleures pratiques dans le mouvement environnemental, il reste encore beaucoup à faire.
Cela signifie comprendre que la justice fait partie intégrante du travail que nous devons accomplir.
Mais il ne s’agit pas seulement de moi, ou de nous. L’environnement et la santé dépendent de la justice. Comme le dit notre membre du conseil d’administration, la Dre Ojistoh Horn : « Les peuples autochtones et racisés sont les « canaris dans la mine de charbon », et leur trajectoire de santé nous informera de la manière dont l’humanité dans son ensemble résistera aux crises simultanées du climat et de la biodiversité. »
Cela signifie reconnaître les préjudices passés et présents et aller de l’avant ensemble pour les réparer.
Nous avons constaté quelques progrès positifs dans le secteur de la santé concernant la réconciliation, y compris les excuses récentes de l’Association médicale canadienne pour les torts causés aux peuples autochtones.
L’ACME a entamé son parcours de réconciliation en se concentrant sur l’intersection entre la santé, l’équité et l’environnement dans plusieurs projets et partenariats, tout en mettant un coup de projecteur sur nous-mêmes pour continuer à décoloniser notre organisation.
Nous avons participé activement à l’adoption du projet de loi C-226, la première loi sur la justice environnementale au Canada, et nous avons mené une campagne de plusieurs années pour mettre à jour la LCPE avec le droit à un environnement sain et des dispositions connexes qui traiteraient des expositions disproportionnées des peuples autochtones sur leurs terres et de leurs droits inhérents.
Le projet Résistance locale aux énergies fossiles est mené en partenariat égal par la Skeena Watershed Conservation Coalition, Keepers of the Water, et l’ACME. Il se concentre sur l’intersection urgente de la santé, de la justice sociale et de la crise climatique découlant de l’extraction des combustibles fossiles. Ensemble, nous travaillerons à relever les défis spécifiques auxquels sont confrontées les communautés touchées de manière disproportionnée par l’extraction, en particulier la fracturation dans le nord de la Colombie-Britannique et les dépôts de résidus de sables bitumineux en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest.
Le 1er octobre, nous lançons notre Caucus autochtone, qui réunira des médecins autochtones et des médecins pratiquant dans des communautés majoritairement autochtones afin de partager les défis, les connaissances et les opportunités de plaidoyer, et pour conseiller l’ACME alors que nous nous concentrons sur l’interconnection entre la santé, la justice et l’environnement.
Cela signifie reconnaître que ce travail est un choix que nous devons faire chaque jour.
Le 30 septembre, notre bureau sera fermé afin de permettre au personnel de prendre le temps d’apprendre/de désapprendre et de réfléchir à leur propre parcours de réconciliation, tant personnel que professionnel.
Je n’ai pas fini d’apprendre, et tout le monde à l’ACME non plus, mais nous espérons que vous vous joindrez à nous pour franchir des étapes vers un avenir meilleur et plus fort, ensemble.
– Sabrina Bowman, Directrice générale par intérim
