À l’heure où de nombreuses collectivités du Canada se remettent d’un autre été difficile marqué par des feux de forêt et des phénomènes météorologiques non naturels, notamment des inondations et des épisodes de chaleur extrême, il n’a jamais été aussi critique de s’attaquer aux catastrophes climatiques et à leurs causes profondes.
Code rouge pour le climat est un appel urgent à l’action climatique faisant écho au code d’urgence utilisé dans les hôpitaux pour signaler les incendies et la présence de fumée. Il est temps que les décideur(euse)s politiques prennent des mesures décisives pour protéger la population et l’environnement contre la menace croissante que représentent les changements climatiques au Canada.
En 2023, le Canada a connu la pire saison de feux de forêt jamais enregistrée. En effet, 16,5 millions d’hectares de végétation ont brûlé, ce qui a relâché 480 mégatonnes de carbone dans l’atmosphère, soit cinq fois plus que la moyenne des 20 dernières années. La qualité de l’air s’est gravement détériorée, et le Canada est devenu le pays le plus pollué d’Amérique du Nord. La pollution de l’air est une sérieuse menace pour la santé et cause environ 34 000 décès prématurés par an.
Ciel brumeux à Toronto causé par la fumée des feux de forêt.
En 2024, l’ouest du Canada a été frappé par de gigantesques feux de forêt qui ont dévasté des lieux emblématiques, comme Jasper. Des milliers de personnes ont également dû être évacuées en Colombie-Britannique, en Alberta et au Québec. De plus, des collectivités de l’Ontario et du Québec ont été touchées par d’importantes inondations, tandis que d’autres ont subi les effets de tempêtes de grêle et de vagues de chaleur extrême. L’été 2024 est la saison la plus destructrice jamais enregistrée au Canada en ce qui a trait aux sinistres assurés, attribuables à des phénomènes météorologiques violents, selon le Bureau d’assurance du Canada.
Le Canada doit remédier d’urgence à cette crise climatique pour protéger la santé publique et l’environnement. Notre plan en trois étapes « Freiner, diminuer, déployer » ouvre la voie à suivre !
FREINER la désinformation sur les combustibles fossiles
Pour préserver l’habitabilité de la planète, nous devons mettre fin à l’influence des lobbyistes des combustibles fossiles et des groupes d’entreprises qui minent la démocratie de nos institutions décisionnelles. Pendant des dizaines d’années, l’industrie pétrolière et gazière a investi des milliards de dollars dans la publicité mensongère en ayant recours à des pratiques d’écoblanchiment, qui trompaient le public en lui présentant une idée fausse selon laquelle les combustibles fossiles sont compatibles avec un avenir propre et carboneutre.
Des professionnel(le)s de la santé ont mené une lutte fructueuse contre les grandes sociétés de tabac, au nom de la santé humaine. Il est maintenant temps de s’attaquer aux grandes compagnies pétrolières. À cet effet, le projet de loi C-372, la Loi concernant la publicité relative aux combustibles fossiles, présenté par le député néo-démocrate Charlie Angus en 2024, vise à interdire la publicité trompeuse sur les combustibles fossiles, tout comme celle sur le tabac.

Soutenue par plus de 750 000 professionnel(le)s de la santé de partout au Canada, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement a défendu l’interdiction des publicités pour les combustibles fossiles. Le projet de loi C-372 offre une occasion concrète de mettre fin aux tactiques mensongères des grandes compagnies pétrolières et de protéger la santé de la population.
DIMINUER les émissions grâce à une politique climatique ambitieuse
Pour préserver à la fois la santé humaine et l’environnement, le Canada doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030 et atteindre la carboneutralité d’ici 2050, comme il s’y est engagé dans l’Accord de Paris. Actuellement, le Canada se classe au deuxième rang des pays du G20 en ce qui concerne le taux d’émissions par habitant, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Notons que le secteur pétrolier et gazier est à l’origine de plus de 30 % des émissions totales du pays. Le Canada a le devoir et la possibilité de jouer un rôle de premier plan dans l’action climatique à l’échelle mondiale.
Certaines politiques clés sont essentielles, notamment le plafonnement des émissions du secteur pétrolier et gazier, les nouveaux règlements sur le méthane et les règlements sur l’électricité propre. Toutefois, comme il reste peu de temps avant les prochaines élections fédérales, ces dernières risquent d’être affaiblies et retardées en raison des pressions exercées par l’industrie. Pour que le Canada soit en mesure d’atteindre ses cibles climatiques, il doit rendre ces politiques fermes et les adopter dès maintenant.
DÉPLOYER des solutions pour sauver des vies dès maintenant
Bien qu’il soit crucial de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour assurer la santé à long terme de la population, la prise de mesures immédiates peut sauver des vies dans un contexte où les effets des changements climatiques s’aggravent.
En 2023, le Canada a présenté sa première Stratégie nationale d’adaptation, qui vise à protéger les collectivités et la santé humaine des répercussions des changements climatiques. En voici les objectifs clés :
- Élaborer des plans de lutte contre les feux de forêt pour les zones à haut risque
- Prévenir les décès dus à la chaleur extrême
- Mettre en place des mesures d’adaptation à la chaleur
- Créer un système de santé plus résilient face aux changements climatiques
Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour renforcer cette stratégie. Un financement adéquat (entre 5,3 et 8,13 milliards de dollars par an) est nécessaire pour protéger les collectivités des catastrophes climatiques, en particulier de la fumée nocive provenant des feux de forêt. L’investissement fédéral actuel n’est pas suffisant, ce qui met en péril la santé et le bien-être de la population canadienne.
