Le mois dédié à la sensibilisation au cancer du sein vient de se terminer, mais la sensibilisation ne suffira pas à éradiquer le cancer du sein. Nous devons stopper le cancer avant même qu’il ne se déclare.
Les médecins et leurs patients peuvent penser que le gouvernement nous protège des substances toxiques liées au cancer. Mais les entreprises et les gouvernements ne font pas assez d’efforts pour lutter contre les substances cancérigènes connues ou suspectées et, par conséquent, contribuent à l’épidémie de cancer du sein qui sévit actuellement.
Au cours de ces dernières décennies, les entreprises ont fait du “Pink washing” pour leurs produits en ajoutant un ruban rose à leur logo afin de montrer leur soutien à celles qui sont confrontées à l’impact écrasant du cancer du sein. Mais certaines de ces mêmes entreprises utilisent des produits chimiques cancérigènes, mutagènes et perturbateurs d’hormones dans leurs produits et leurs emballages. Elles semblent ignorer les liens entre les ingrédients dangereux, le cancer du sein et d’autres effets dévastateurs sur la santé. Par exemple, la relation toxique entre les plastiques et le cancer du sein.
Les ustensiles de cuisine en plastique sont des sources de produits chimiques toxiques et cancérigènes, tels que des retardateurs de flamme
Le mois dernier, des chercheurs ont identifié des centaines de produits chimiques dans les emballages alimentaires et le plastique qui sont absorbés par notre corps et liés au cancer du sein. Si l’on ajoute à cela les retardateurs de flamme présents dans les ustensiles de cuisine en plastique, nos dernières recherches sur les phtalates toxiques et les métaux lourds présents dans les produits en plastique pour enfants, on constate les graves dangers pour la santé, de la variété de produits chimiques contenus dans les plastiques dans laquelle nous baignons.
Au Canada, une femme sur huit devrait développer un cancer du sein au cours de sa vie, et une sur 34 en mourra.
Les personnes noires, autochtones et d’autres groupes racisés sont confrontées à des formes plus agressives de cancer du sein, à des diagnostics plus précoces et à des cancers plus résistants aux traitements. Ces impacts disproportionnés mettent en évidence le fait qu’un système de produits et d’environnements toxiques pèse sur certain.es d’entre nous bien plus que sur d’autres, et que les producteurs de plastique toxique sont soit indifférents, soit complices de ces préjudices. Ces pratiques perpétuent l’injustice environnementale.
Si les entreprises veulent vraiment être solidaires des personnes touchées par le cancer du sein, elles doivent mettre de l’ordre dans leurs activités. Et lorsqu’elles ne le font pas, nous devons les obliger. Notre gouvernement peut favoriser ce changement en établissant des règles plus strictes, ici et dans le monde entier, pour les produits qui touchent notre alimentation et notre corps, et qui ont un impact sur notre environnement.
Dre Sharon Dodd, médecin de l’ACME en Colombie-Britannique et défenseure de la santé contre les plastiques, pose devant un globe
Si les entreprises veulent vraiment être solidaires des personnes touchées par le cancer du sein, elles doivent mettre de l’ordre dans leurs activités. Et lorsqu’elles ne le font pas, nous devons les obliger. Notre gouvernement peut favoriser ce changement en établissant des règles plus strictes, ici et dans le monde entier, pour les produits qui touchent notre alimentation et notre corps, et qui ont un impact sur notre environnement.
Lorsque les délégués canadiens se rendront le mois prochain aux négociations du Traité mondial sur les plastiques, les entreprises du secteur et leurs lobbyistes feront tout leur possible pour retarder le processus et nier les effets néfastes de leurs produits. Mais nous ne pouvons pas les laisser triompher de la nécessité urgente pour le monde de mettre fin à l’ère des plastiques cancérigènes et polluants. L’élimination des produits chimiques toxiques dans les produits en plastique doit être une priorité absolue pour protéger notre santé.
Mais le Canada n’a pas besoin d’attendre un traité pour agir. Il peut réglementer ces produits plastiques toxiques et accélérer la recherche et l’élaboration des règles nécessaires pour faire face à cette crise de manière globale. Nous avons besoin d’un traité mondial sur les plastiques fort et d’une approche réglementaire encore plus forte pour nous protéger tous et toutes des produits chimiques cancérigènes. Si nous y parvenons, nous aurons fait un pas de plus vers la prévention du cancer du sein avant qu’il ne commence.
Cassie Barker est responsable du programme Toxics à Environmental Defence Canada.
Milena Gioia est à la coordination de l’éducation populaire et de la défense des droits à Action cancer du sein du Québec.
Sharon Dodd, médecin de famille exerçant en Colombie-Britannique et membre de l’ACEP BC, est spécialisée dans les plastiques et les risques pour la santé.
