Un nouveau rapport de l’ACME révèle que les réglementations environnementales permettent d’économiser des milliards de dollars en dépenses de santé

Ottawa | Territoire traditionnel non cédé de de la nation algonquine Anishinabeg | 23 avril 2025 L’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) publie aujourd’hui un nouveau rapport intitulé « Santé, prospérité et sens commun », qui examine les avantages pour la santé de quatre réglementations environnementales adoptées au niveau fédéral au cours des 13 dernières années.  

À elles seules, ces quatre réglementations environnementales — le règlement sur l’élimination progressive du charbon (2012), le règlement sur la réduction des rejets de méthane (2018), le règlement sur l’électricité propre (REP) (2024), le règlement sur les composés organiques volatils (2025) — devraient permettre d’économiser entre 18 et 21 milliards de dollars de dépenses de santé d’ici à 2050. 

Les avantages en matière de santé publique se traduisent par une diminution des risques pour la santé et de la mortalité pour des centaines de milliers de personnes. Ils résultent de la réduction de divers polluants, en particulier ceux qui affectent la qualité de l’air. Ces améliorations sont associées à une diminution des crises d’asthme, du nombre de visites à l’hôpital, de la prévalence des maladies chroniques, et des décès prématurés partout au Canada. 

Les économies financières importantes ainsi réalisées libèrent des fonds qui peuvent alors être utilisés à d’autres fins. À elles seules, ces quatre réglementations permettent d’économiser suffisamment pour rémunérer entre 2200 et 2500 médecins durant les 36 prochaines années, soit la période couverte par les règlements en question¹.

Ces calculs ne tiennent pas compte des avantages supplémentaires pour la santé qui peuvent résulter de la réduction des risques et de l’intensité des changements climatiques ou de l’amélioration de la qualité des sols et de l’eau. Compte tenu de ces avantages et d’autres avantages non quantifiés, le total des économies réalisées en matière de dépenses de santé grâce à ces réglementations environnementales est probablement beaucoup plus élevé. Ce rapport exclut également l’analyse d’au moins neuf autres réglementations environnementales qui portent sur une période similaire. 

À l’heure où la population canadienne s’apprête à voter pour élire son prochain gouvernement fédéral et alors que l’actualité est dominée par les pressions économiques, ce rapport démontre que l’enjeu environnemental est aussi un enjeu de santé et qu’il revêt une importance économique considérable. 

S’appuyant principalement sur des analyses gouvernementales, ce rapport fournit une évaluation novatrice des avantages combinés de plusieurs réglementations. Il exclut les « taux d’actualisation » des données gouvernementales, car ceux-ci réduisent considérablement la valeur des bénéfices pour la santé et l’environnement des futures générations, ce qui va à l’encontre des projets qui présentent des avantages à long terme pour la santé humaine, l’environnement et le climat.

Melissa Lem, médecin et présidente de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), a déclaré :

« Ce rapport envoie un message fort et clair à tous les électeurs et électrices qui évaluent actuellement leurs options en vue des prochaines élections fédérales : une politique environnementale bien conçue est profitable à notre santé. Le leadership en matière d’environnement est important, c’est pourquoi l’ensemble des responsables politiques doivent faire preuve d’ambition dans ce domaine. Le prochain gouvernement aura une occasion unique de réaliser des milliards de dollars d’économies en réduisant les émissions de polluants toxiques provenant des activités pétrolières et gazières, de notre réseau électrique et d’autres sources de pollution. Derrière ces chiffres, il s’agit de la vie de personnes réelles, partout au Canada, qui voient diminuer les visites à l’hôpital et subissent moins de crises d’asthme, de maladies chroniques et de décès prématurés. »

Nola Poirier, responsable du programme sur les politiques économiques et de santé auprès de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), a déclaré :

« Les arguments économiques en faveur d’une politique environnementale forte n’ont jamais été aussi clairs. Notre analyse montre qu’à elles seules, quatre réglementations environnementales permettront à notre système de santé de réaliser des milliards de dollars d’économies au cours des prochaines décennies. À l’heure où les budgets de santé sont mis à rude épreuve, les réglementations environnementales figurent parmi les mesures de santé publique les plus rentables dont disposent les responsables politiques. Le message est simple : protéger notre environnement n’est pas uniquement la bonne chose à faire pour notre planète, c’est également un investissement judicieux en matière d’économie et de santé publique. »

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¹ Guichet-Emplois du gouvernement du Canada. Période de référence : 2022-2023. https://www.guichetemplois.gc.ca/rapportmarche/salaire-profession/24432/ca. Ces estimations supposent des salaires stables et des économies de santé uniformes pendant la période, sans tenir compte des variations dues à l’inflation.

Pour consulter le rapport :

À propos :

L’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) est un organisme sans but lucratif supervisé par des médecins, qui œuvre à la protection de la santé humaine en préservant la planète. Depuis sa fondation en 1994, le travail de l’ACME a permis de remporter d’importantes victoires en matière de politiques publiques, en collaboration avec de nombreux partenaires des mouvements environnementaux et de la santé. D’un océan à l’autre, l’organisme est présent dans tout le pays et compte des comités régionaux actifs dans la plupart des provinces et dans tous les territoires.
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Contact pour les médias :

Reykia Fick
Directrice des communications | Association canadienne des médecins pour l’environnement
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