La Convention des Nations Unies sur le génocide définit le génocide comme des actes spécifiques commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. L’un de ces actes consiste à infliger délibérément à ce groupe des conditions de vie calculées pour provoquer sa destruction physique, en tout ou en partie.
Au début de la semaine, l’organisation Physicians for Human Rights Israel (PHRI) a publié un rapport sur le « démantèlement délibéré et systématique des systèmes de santé et de survie de Gaza », démontrant en quoi ces actions correspondent à la définition du génocide donnée par l’ONU. L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a publié un rapport parallèle sur les actions plus générales d’Israël à Gaza, concluant également qu’elles constituent un génocide.
Plus de 80 000 enfants et civil.e.s ont été tué.e.s dans le cadre de la guerre, en raison de violences militaires, du blocage de l’acheminement de l’aide humanitaire, de l’interruption de l’accès aux soins de santé, des déplacements forcés et de la famine. Selon le rapport du PHRI, « les hôpitaux, les cliniques, les ambulances et le personnel médical ont été systématiquement pris pour cible, rendus inopérants ou tués », dont plus de 1 580 membres du personnel médical, ce qui, en plus de causer des souffrances immédiates, « compromet profondément les perspectives de reprise à long terme de Gaza ». Le PHRI a appelé les communautés sanitaires et humanitaires du monde entier à agir, et les deux organisations demandent aux dirigeants mondiaux « d’utiliser tous les moyens disponibles en vertu du droit international pour mettre fin au génocide perpétré par Israël contre les Palestiniens ».
En tant qu’organisation de médecins soucieux et soucieuses de la protection de la vie humaine et du bien-être, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) est profondément alarmée par l’escalade de la crise humanitaire et alimentaire à Gaza. Nous nous joignons à d’autres professionnel.le.s de la santé et organisations pour demander la fin des actes génocidaires en Palestine. La réponse d’Israël aux attaques meurtrières du 7 octobre 2023 a eu des répercussions disproportionnées sur les Palestiniens. Nous demandons au gouvernement du Canada de maintenir sa motion de 2024 visant à mettre fin à toutes les exportations militaires vers Israël, à mettre en œuvre un embargo complet et réciproque sur les armes, à appliquer des sanctions appropriées et à prendre une position sans équivoque contre la campagne militaire d’Israël contre les civils palestiniens.
L’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) dénonce également les effets dévastateurs des conflits militaires sur la santé et la sécurité humaines en général, à Gaza et ailleurs dans le monde. Cela inclut les dommages directs causés aux vies humaines ainsi que les effets à long terme sur la santé humaine dus à la destruction et à la contamination des écosystèmes, de la biodiversité et des ressources naturelles, ainsi qu’aux impacts climatiques. Dans certains cas, les dommages environnementaux intentionnels ou non causés par les actions militaires peuvent rendre certaines régions pratiquement inhabitables pendant des années, une destruction environnementale d’une telle ampleur étant qualifiée d’« écocide ».
