Territoires non-cédés des Nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) et səlilwətaɬ (Tsleil-waututh) (Vancouver) | 8 septembre 2025 — Des médecins, infirmiers et infirmières et des leaders autochtones somment les gouvernements provincial de la Colombie-Britannique et fédéral de reconnaître les effets néfastes de l’industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) sur la santé, qui touchent de manière disproportionnée les communautés rurales et autochtones. Ils exigent que les gouvernements financent une évaluation sanitaire complète, cumulative et indépendante des activités de fracturation hydraulique et de GNL avant d’approuver de nouveaux projets.
Le gouvernement fédéral a récemment laissé entendre que les projets de GNL pourraient être considérés comme étant d’intérêt national, ce qui les soustrait à certaines dispositions clés du projet de loi fédéral C-5. En Colombie-Britannique, des lois similaires (les projets de loi 14 et 15) confèrent désormais au gouvernement provincial des pouvoirs exceptionnels pour accélérer l’approbation de nombreux projets, dont ceux liés au GNL.
« Nous disposons d’un nombre croissant d’études scientifiques évaluées par les pairs démontrant que vivre à proximité d’infrastructures liées au GNL, y compris des sites de fracturation et de torchage, accroît le risque de maladies pulmonaires, d’asthme, d’infarctus, d’accouchements prématurés et de certains cancers. Cela affecte aussi la santé et la longévité des personnes âgées vivant dans la région », explique la Dre Ulrike Meyer, médecin de famille à Dawson Creek et bénévole à l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME). « Le BC Centre for Disease Control et d’autres travaux scientifiques montrent que la communauté de Chetwynd, dans la région de South Peace, présente des taux de cancers nettement plus élevés que la moyenne, notamment pour le cancer colorectal et le cancer du sein chez les femmes. D’autres études ont révélé la présence accrue de métaux lourds et de produits chimiques associés à la fracturation dans les urines et cheveux de femmes enceintes du nord-est de la C.-B., substances liées à des issues néfastes pour la grossesse. »
Le chef héréditaire Wet’suwet’en, Na’Moks, ajoute : « Les risques sanitaires sont prouvés, mais le gouvernement choisit de les ignorer. Pourquoi infliger cela aux gens mêmes qui l’ont élu ? Si des milliards de fonds publics peuvent être versés à cette industrie, pourquoi ne pas investir ces ressources pour protéger la santé plutôt que pour enrichir des investisseurs étrangers ? Il n’y a aucune logique à long terme là-dedans. »
À ce jour, plus de 175 professionnels de la santé et membres des Premières Nations ont signé une lettre ouverte adressée au Premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, au ministre de l’Énergie et des Solutions climatiques, Adrian Dix, à la ministre de la Santé, Josie Osborne, ainsi qu’à d’autres ministres. Ils exigent que le gouvernement prouve que le GNL est sécuritaire avant d’approuver de nouveaux projets. Certaines recommandations de la lettre nécessitent aussi des mesures du gouvernement fédéral.
Aujourd’hui, 15 médecins, infirmiers et infirmières et des leaders autochtones de premier plan ont tenu des conférences de presse simultanées à Vancouver et Smithers pour alerter la population sur les impacts sanitaires de l’industrie du GNL, notamment la Dre Ulrike Meyer, médecin de famille à Dawson Creek; le grand chef Stewart Phillip, président de l’Union of BC Indian Chiefs; le chef héréditaire Na’Moks de Wet’suwet’en; et la Dre Melissa Lem, médecin de famille à Vancouver et présidente de l’ACME. La coalition de protecteurs de la santé a également lancé des publicités « Protégeons la santé contre le GNL » dans les transports en commun de plusieurs villes de la province.
Les infrastructures de fracturation et de GNL sont concentrées dans les régions rurales et autochtones. Les résidents locaux, qui courent des risques accrus de maladies et de mortalité, sont les plus concernés, et nombreux s’opposent à l’expansion du GNL. En accélérant ces projets sur des terres autochtones, les gouvernements risquent de violer le droit au consentement libre, préalable et éclairé, reconnu en droit international (DNUDPA) et en droit canadien.
Les effets nocifs sur la santé publique et l’environnement expliquent pourquoi plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni, ont adopté des interdictions ou moratoires sur la fracturation, malgré la présence de réserves d’hydrocarbures.
La production et la combustion des combustibles fossiles comme le GNL sont la principale cause des changements climatiques, qui entraînent des coûts croissants pour le système de santé. Selon un rapport de Santé Canada, entre 2013 et 2018, la fumée des feux de forêt a coûté entre 410 M$ et 1,8 G$ par an pour les effets sanitaires à court terme, et entre 4,3 G$ et 19 G$ pour les effets à long terme. En 2024, les dépenses annuelles de la Colombie-Britannique ont dépassé de 3,5 G$ les prévisions budgétaires, en partie à cause des « urgences climatiques ».
Citations supplémentaires
Dre Melissa Lem, médecin de famille à Vancouver et présidente de l’ACME
« Les gouvernements de la C.-B. et du Canada doivent prouver que l’industrie du GNL et de la fracturation est sécuritaire, car les preuves médicales et l’expérience des protecteurs de la santé démontrent le contraire. Dans leur empressement à développer cette industrie, les gouvernements ignorent les immenses coûts pour la santé et le climat, et c’est notre système de santé qui paie la facture. La semaine dernière, le gouvernement de la C.-B. lui-même déclarait qu’il ne tolérerait pas que des multinationales, comme l’industrie du tabac, pratiquent des tactiques trompeuses causant des torts considérables à la population. »
Tara Marsden / Naxginkw, directrice de la durabilité Wilp pour les chefs héréditaires gitanyow
« Nous avons besoin de dirigeants capables d’assurer une transition vers des énergies renouvelables et durables qui ne priverait pas les générations futures d’un territoire, d’une eau, d’un climat, d’une pêche et d’une faune en santé. Malheureusement, les récentes décisions en matière de GNL en C.-B. nous orientent vers une dépendance prolongée aux combustibles fossiles, vers des catastrophes climatiques et vers une concentration accrue de la richesse entre les mains d’un petit groupe de sociétés étrangères. »
Dre Sally Harvie, radiologue, Smithers
« Comme médecin dans le nord de la Colombie-Britannique, je constate directement comment les changements climatiques nuisent à la santé de ma communauté, et la fracturation comme le GNL y contribuent sans équivoque. Les communautés du Nord subissent un double fardeau : les feux de forêt et les dômes de chaleur d’un côté, et les impacts sanitaires directs de l’industrie de l’autre. Dans une région déjà marquée par le manque de médecins et des ressources limitées, l’expansion du GNL aggraverait encore les impacts sur la santé, mettant en péril notre capacité à soigner les patients. »
Gwii Lok’im Gibuu (Jesse Stoeppler), chef adjoint du conseil de bande d’Hagwilget et codirecteur exécutif de la Skeena Watershed Conservation Coalition
« Les infrastructures de GNL nuisent à notre santé, à notre souveraineté et à nos modes de vie. Les lois provinciales et fédérales adoptées à la hâte tels que les projets de loi 14, 15 et C-5 donnent au Canada le pouvoir de choisir quand respecter sa propre constitution. La santé devrait être au sommet de l’intérêt national, pas des projets détenus par des sociétés étrangères ! »
Drew Harris, membre des Lax’yip Firekeepers, collectif jeunesse Gitxsan
« Beaucoup de membres de notre communauté craignent les coûts à long terme pour notre santé et nos moyens de subsistance, qui dépasseront largement les profits à court terme générés par des industries comme le GNL. Nos communautés subissent déjà d’importantes inégalités de santé à cause de la colonisation continue et du racisme systémique qui entraînent des conditions sanitaires précaires. Ce racisme environnemental, maquillé en réconciliation, doit cesser. Les jeunes s’unissent pour défendre nos terres et nos eaux et œuvrer à un avenir juste qui met la vie avant le profit. »
Grace Vickers, membre des Lax’yip Firekeepers, collectif jeunesse Gitxsan
« En tant que jeunes, nous risquons d’hériter ou de perdre tout ce qui compte. Le principe des Sept Générations nous rappelle que ce que nous faisons aujourd’hui façonne la vie de nos enfants demain. Notre air, nos rivières, notre nourriture ne sont pas inépuisables. Nous ne pouvons pas continuer à prendre sans tenir compte des conséquences. Notre avenir n’est pas négociable. »
Agnes Black, infirmière à Burnaby et ancienne responsable en soins de santé
« Les changements climatiques ont déjà des impacts catastrophiques sur la santé physique et mentale des Canadiens. Tout nouveau développement d’énergies fossiles y compris le GNL, augmentera les émissions de la C.-B., aggravera les effets des changements climatiques et accentuera la pression sur notre système de santé déjà à bout de souffle. »
Dre Bethany Ricker, médecin de famille, Nanaimo
« Le GNL est un combustible fossile. Il n’a rien de “naturel”. Cette industrie alimente les changements climatiques et nuit à notre santé collective. Nous devons de toute urgence repenser la production de GNL pour éviter ce lourd tribut payé en vies humaines et en coûts pour notre système de santé. »
Une discussion approfondie aura lieu à Vancouver le 8 septembre au UBC Medical Student & Alumni Centre (2750, rue Heather) de 19 h à 20 h 30 PST.
L’événement réunira plusieurs protecteurs de la santé, le grand chef Stewart Phillip et le chef héréditaire Na’Moks. Les participants ont l’intention d’y exhorter les gouvernements à financer une évaluation indépendante et complète des impacts sanitaires cumulatifs du GNL et de la fracturation. L’inscription est obligatoire.
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Ressources
- Site de la campagne : protecthealthfromlng.ca
- Texte de la lettre ouverte (en anglais)
- Images :
À propos :
L’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) est un organisme sans but lucratif supervisé par des médecins, qui œuvre à la protection de la santé humaine en préservant la planète. Depuis sa fondation en 1994, le travail de l’ACME a permis de remporter d’importantes victoires en matière de politiques publiques, en collaboration avec de nombreux partenaires des mouvements environnementaux et de la santé. D’un océan à l’autre, l’organisme est présent dans tout le pays et compte des comités régionaux actifs dans la plupart des provinces et dans tous les territoires.
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