Nouveau sondage : 86% des Canadien·nes souhaitent qu’Ottawa lutte contre la désinformation en ligne lors d’événements météorologiques extrêmes
MONTRÉAL | Territoire traditionnel et non cédé du peuple Kanien’kehá:ka | 30 octobre 2025 — À la veille des négociations climatiques de la COP 30, une écrasante majorité de personnes au Canada souhaitent que le gouvernement fédéral prenne part aux efforts internationaux de lutte contre la désinformation climatique, selon un nouveau sondage de l’Observatoire de l’écosystème médiatique de l’Université McGill.
Ces conclusions ont été rendues publiques au moment où une quinzaine de groupes de la société civile — dont l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, Équiterre et d’autres organisations œuvrant dans les domaines de la santé, de l’enseignement supérieur et de l’environnement — ont adressé au gouvernement une lettre commune appelant Ottawa à rejoindre l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique. Soutenue par les Nations Unies et l’UNESCO et visant à lutter contre la désinformation en ligne, cette initiative mettra pour la première fois l’intégrité de l’information au centre des préoccupations mondiales lors de la COP 30 en novembre.
La nécessité de mettre en place des protections plus solides contre la désinformation a été clairement démontrée lors des récentes saisons des feux de forêt au Canada, durant lesquelles des théories du complot sur les incendies criminels et la gestion forestière ont rapidement et librement circulé, entravant le travail des pompiers et les évacuations.
« En tant que médecins, c’est nous qui sommes tenus de réparer le préjudice causé par la désinformation climatique en termes de santé et de vies humaines » indique la Dre Melissa Lem, présidente de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement. « Durant les feux de forêt, les inondations et les vagues de chaleur, les fausses informations se propagent plus rapidement que les faits, laissant les individus démunis face au danger. Tout comme la pollution de l’air et de l’eau, cette pollution informationnelle est un danger pour la vie et la sécurité. Les Canadien·nes demandent clairement à leur gouvernement d’agir contre cette menace. »
Le nouveau sondage de l’Observatoire a révélé que 86% des Canadien·nes sont d’accord pour dire que le gouvernement devrait exiger des entreprises de médias sociaux qu’elles garantissent l’exactitude des informations partagées sur leurs plateformes et ne favorisent pas les contenus diffusant de fausses informations lors d’événements météorologiques extrêmes.
Le sondage a également révélé que :
- 78% des Canadien·nes se disent préoccupé·es par la désinformation en ligne sur les changements climatiques, et 88% se disent préoccupé·es par la désinformation en ligne en matière de santé.
- 78% se disent préoccupé·es par la désinformation qui circule en ligne durant les événements météorologiques extrêmes, tels que les feux de forêt et les inondations.
- 82% souhaitent que le Canada se joigne aux initiatives mondiales visant à renforcer l’intégrité de l’information sur les médias sociaux.
« En soutenant la lutte contre la désinformation en matière de climat, le Canada peut s’opposer à un système qui, depuis trop longtemps, a eu toute latitude pour retarder les mesures climatiques, mettre en danger des populations entières et saper nos réalisations collectives, durement acquises au fil des décennies », déclare Charles-Édouard Têtu, analyste des politiques climatiques et énergétiques chez Équiterre. « Tout comme l’industrie du tabac avant elle, l’industrie des combustibles fossiles est prête à détruire tout ce que nous avons de plus cher pour faire des profits, au détriment de la santé publique. Le gouvernement canadien devrait se rallier à la volonté de l’écrasante majorité de sa population et se joindre à l’initiative mondiale pour mettre fin à la désinformation. »
Le Royaume-Uni, l’Espagne et la France figurent parmi les pays qui ont déjà adhéré à l’initiative pour l’intégrité de l’information. En intégrant cette initiative, le Canada s’engagerait à élaborer des politiques visant à dénoncer la désinformation climatique, à protéger les journalistes et les scientifiques qui travaillent sur les problématiques liées au climat, et à soutenir une action mondiale éclairée en faveur de la lutte contre les changements climatiques.
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Citations supplémentaires :
Citations supplémentaires :
Dr Joe Vipond, médecin urgentiste à Calgary et ancien président de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement :
« Ce n’est pas un hasard si l’environnement informationnel au Canada est de plus en plus pollué par la désinformation. Des acteurs malveillants propagent des fausses nouvelles pour protéger les intérêts des combustibles fossiles et retarder l’inévitable transition vers les énergies propres. Cela affaiblit la détermination du public à un moment crucial, lorsque nous avons besoin de décisions politiques courageuses pour nous éloigner des crises climatique et sanitaire causées par l’utilisation des combustibles fossiles. Notre gouvernement doit défendre une information basée sur les faits et demander des comptes à ceux qui répandent des mensonges. »
Dre Melissa Lem, médecin de famille à Vancouver et présidente de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement :
« En septembre dernier, lorsque Vancouver a connu la pire qualité de l’air parmi toutes les grandes villes du monde en raison des feux de forêt, j’ai été alarmée de voir des gens faire leur jogging avec des poussettes. Je me suis demandé combien d’entre eux avaient été induits en erreur à cause de la désinformation en ligne, qui minimise les risques pour la santé des fumées des feux de forêt et nie le rôle des changements climatiques. Pour éviter que notre système de santé ne s’effondre sous le poids des maladies liées aux fumées, année après année, le Canada doit mettre fin à la désinformation sur les dangers pour la santé — et les causes profondes — des catastrophes climatiques. »
Ressources :
- Résultats du sondage (en anglais)
- Lettre ouverte (en anglais)
- Nations Unies : L’initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur les changements climatiques
Contact pour les médias :
Reykia Fick
Conseillère en communications, Association canadienne des médecins pour l’environnement
647-762-9168
media@cape.ca
Élisabeth Labelle
Chargé de communication, Équiterre
(514) 605-2000
elabelle@equiterre.org
