Qu’il s’agisse de plastiques, de « polluants éternels » (PFAS) ou de produits de consommation courante dans nos maisons, les substances toxiques continuent de menacer la santé humaine, d’avoir un impact disproportionné sur les communautés autochtones, en première ligne et vulnérables, et de dégrader les écosystèmes partout au pays. Nous avons donc demandé aux partis fédéraux : qu’allez-vous vraiment faire à ce sujet?
Pourquoi maintenant?
À l’approche des élections au Canada, des groupes environnementaux ont adressé six questions clés aux partis politiques fédéraux concernant leurs engagements en matière d’environnement et de climat. Dans le cadre de cette initiative, notre Coalition pour l’action sur les substances toxiques (CAT) s’est penchée plus spécifiquement sur trois questions cruciales liées à l’exposition aux substances toxiques—et à leurs impacts bien réels sur notre santé.
Car oui, les substances toxiques ne sont pas seulement une question de « pollution » : elles sont aussi une question de santé et de justice environnementale.
Les questions que nous avons posées
1. Pollution plastique
Renforcerez-vous le programme « zéro déchet plastique » du Canada, notamment en élargissant les interdictions de plastique à usage unique au Canada et en collaborant avec d’autres pays à haute ambition pour élaborer un traité mondial sur les plastiques visant à mettre fin à la pollution plastique d’ici à 2040?
2. Polluants éternels
Allez-vous accélérer l’élimination progressive des produits chimiques éternels (PFAS), y compris dans les produits de consommation, afin de protéger la population canadienne?
3. Gestion des produits chimiques
Allez-vous fournir un financement à long terme du Plan de gestion des produits chimiques du Canada afin de mieux protéger la santé de la population et l’environnement contre les expositions toxiques, y compris les substances chimiques nocives présentes dans les produits de consommation?
Pourquoi ces questions sont importantes
Parce qu’il ne s’agit pas de débats politiques abstraits, mais d’enjeux profondément personnels. L’exposition aux substances toxiques est présente dans l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et les produits que nous utilisons au quotidien. Elle est liée aux cancers, aux perturbations hormonales, aux troubles de la reproduction et aux maladies chroniques.Des poêles antiadhésives recouvertes de PFAS, aux microplastiques dans les sols, en passant par le benzène et d’autres composés organiques volatils dans l’air… les gens au Canada sont exposés à des polluants toxiques liés à des risques pour la santé.
En fait, la grande majorité des gens au Canada—près de 9 personnes sur 10—appuient l’idée que le gouvernement fédéral s’attaque aux produits chimiques dangereux. Cela représente 88 % de la population qui souhaite voir davantage d’actions réglementaires de la part du gouvernement, via la LCPE, pour encadrer les substances préoccupantes comme les PFAS, les plastiques et les additifs plastiques. Malheureusement, les communautés autochtones, racisées, en situation de handicap et vivant dans la pauvreté, ainsi que les femmes et les personnes de la diversité des genres, sont exposées et touchées de manière disproportionnée par la pollution, les expositions dangereuses et les conditions environnementales néfastes.
La réduction de l’exposition aux substances toxiques est un impératif de santé publique et une question de justice environnementale. Quelle est donc la position des partis fédéraux?
Et pourtant…
Les substances toxiques n’ont même pas été abordées dans le segment environnemental du débat des chefs. Cette omission est préoccupante, car les impacts des substances toxiques sur la santé concernent tout le monde—y compris nos dirigeants politiques, qui sont eux aussi exposés. Les microplastiques se retrouvent également dans leur sang.
Nous pouvons et devons faire mieux. Le Canada a besoin d’une stratégie audacieuse, bien financée et centrée sur la justice en matière de substances toxiques—une stratégie fondée sur la science, menée en partenariat avec les communautés autochtones, et axée sur la protection de la santé et de l’équité.
Saisir l’élan
La saison électorale est l’occasion de poser des questions difficiles, car la protection de notre santé commence par la réduction des risques. C’est une occasion cruciale de demander aux partis de rendre des comptes sur leurs positions en matière de santé environnementale. Nous croyons que la protection de la santé commence par la prévention des préjudices, ce qui implique de traiter les expositions toxiques à la racine.
Nous exhortons tous les électeurs et électrices à prendre en compte ces questions lors de leurs décisions électorales, et nous appelons tous les partis à donner la priorité à l’élaboration de politiques solides visant à protéger la population canadienne contre les substances toxiques.
La santé de notre population, de nos communautés et de notre environnement en dépend.
