Un appel urgent des professionnels de la santé pour une action fédérale contre les PFAS et les plastiques
Une crise sanitaire que nous ne pouvons plus ignorer
La pollution plastique n’est pas seulement une menace pour l’environnement : elle constitue aujourd’hui une véritable crise de santé publique. Les médecins observent une recrudescence inquiétante de maladies liées aux plastiques, dont : cancers, troubles de la reproduction, perturbations endocriniennes, retards de développement, maladies cardiovasculaires et affaiblissement du système immunitaire.
Les données scientifiques sont sans appel : les plastiques menacent la santé humaine à toutes les étapes de leur cycle de vie, de leur production à leur élimination. Parmi les plus de 16 000 substances chimiques identifiées dans les plastiques, plus de 2 400 suscitent de graves préoccupations pour la santé. Les microplastiques et les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées connus sous le sigle de PFAS sont une large famille de produits chimiques persistants. Surnommés « produits chimiques éternels », ils sont particulièrement inquiétants, car ils sont omniprésents, persistants et s’accumulent dans nos organismes.
Quel est le lien entre microplastiques et PFAS ?
Les microplastiques transportent des PFAS et d’autres toxines
Issus de la dégradation du plastique, ces minuscules particules se retrouvent dans l’air, l’eau, la nourriture et jusque dans le sang, les poumons, le foie et même le placenta. Les plastiques ne sont pas des substances chimiques en soi, mais ils sont fabriqués à partir de dérivés du pétrole, eux-mêmes issus des énergies fossiles.
98,5 % de la population présente des traces de PFAS dans le sang
Les PFAS sont une famille de substances chimiques très persistantes (et non des particules plastiques), souvent surnommées « polluants éternels ». Utilisés dans les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine ou encore les vêtements, ils persistent dans l’environnement et s’accumulent dans l’organisme.
Leurs effets sur la santé incluent notamment : cancers, atteintes à la fertilité, suppression des défenses immunitaires, dommages au foie et aux reins, ainsi qu’un taux de cholestérol élevé. Certaines populations sont plus vulnérables aux impacts des PFAS et des microplastiques. Elles subissent une exposition disproportionnée et des effets sanitaires plus graves en raison de facteurs environnementaux ou professionnels.
Les PFAS sont ajoutés aux plastiques lors de leur fabrication. Ils peuvent donc être présents dans les plastiques et les microplastiques, augmentant ainsi les risques. Lorsque les plastiques se dégradent en microplastiques, les PFAS demeurent piégés dans ces particules et s’en échappent progressivement dans l’environnement. De plus, les microplastiques peuvent absorber les PFAS déjà présents dans leur milieu, puisqu’il s’agit de contaminants extrêmement répandus.
Équité, justice et coûts réels
La crise des plastiques est aussi une question de justice environnementale. Si le plastique était un pays, il serait aujourd’hui le 5ᵉ plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre. D’ici 2040, il pourrait représenter près de 20 % du budget carbone mondial, accélérant ainsi la crise climatique.
Les coûts économiques sont colossaux : selon un rapport de l’ONU de 2023, on estime que les coûts reliés aux pollutions incluant ceux des maladies liées aux plastiques représentent déjà jusqu’à 800 milliards de dollars américains par an à l’échelle mondiale. Au Canada, ce fardeau sanitaire touche surtout les plus vulnérables : enfants, femmes, communautés autochtones, populations racisées.
La vallée chimique de Sarnia (en Ontario)
subit une charge toxique qui serait jugée intolérable ailleurs au Canada
Ce que le Canada doit faire maintenant
9 Canadiens sur 10 souhaitent une intervention fédérale
Face à la présence généralisée des PFAS et des microplastiques dans notre environnement et dans nos corps, une réponse réglementaire immédiate est indispensable. En tant que membre de la Coalition pour une action contre les substances toxiques, l’ACME demande au gouvernement fédéral d’éliminer progressivement les PFAS non essentiels, de réglementer les additifs toxiques dans les plastiques en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), d’investir dans la recherche et la surveillance des impacts sanitaires et de mettre fin aux subventions à l’industrie des énergies fossiles.
Nos demandes détaillées figurent dans le manifeste conjoint disponible ici : environmentaldefence.ca/endplastictoxicpollution
Mettre à jour les politiques fédérales est une urgence de santé publique. En développant des alternatives sûres et en tenant les pollueurs responsables, le Canada peut construire une économie plus propre et un environnement plus sain.
Les gens au Canada ont droit à une protection contre ces polluants invisibles qui nuisent déjà à notre santé et qui mettront en danger les générations à venir si rien n’est fait.
