Ottawa | Territoire traditionnel et non cédé du peuple algonquin anishinaabeg | 16 septembre 2024 — Après un long été marqué par des incendies de forêt, des inondations et une chaleur record, des médecins de famille, des infirmières, des chirurgien(ne)s et d’autres professionnel(le)s de la santé de partout au Canada exhortent le Premier ministre Trudeau et le gouvernement fédéral, dans une lettre envoyée la semaine dernière, à agir rapidement pour mettre en œuvre le plafond de pollution pétrolière et gazière qu’il a depuis longtemps promis d’instaurer. Cela permettrait de protéger la santé de la population canadienne contre la dégradation de la qualité de l’air et de prévenir d’autres événements météorologiques catastrophiques liés au climat.
« Les médecins et les infirmières de partout au pays constatent directement les effets du changement climatique avec l’augmentation des cas d’asthme, de maladies cardiaques, de problèmes de santé mentale et de décès prématurés », a déclaré la Dre Melissa Lem, présidente de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) et médecin de famille. « Pour protéger la santé de la population du Canada et d’ailleurs, nous devons réduire considérablement les émissions, et un plafond d’émissions juste et rigoureux est le meilleur moyen d’y parvenir. »
Les émissions du secteur pétrolier et gazier représentent plus de 30 % des émissions totales du Canada – et elles continuent d’augmenter. Pourtant, selon une analyse récente de l’ACME, limiter les émissions du secteur pétrolier et gazier conformément à l’objectif fixé pour l’ensemble de l’économie canadienne – 45 % en dessous des niveaux de 2005 d’ici 2030 – permettrait d’éviter le décès prématuré d’environ 4 860 personnes et apporterait un avantage économique de 45 milliards de dollars sur une période de dix ans. La réduction des polluants atmosphériques dangereux – notamment le dioxyde d’azote, les particules, l’ozone annuel et l’ozone estival – permettrait également d’éviter des problèmes de santé non mortels, notamment des affections respiratoires telles que l’asthme, des maladies cardiaques, des troubles neurologiques tels que la démence, et des problèmes de reproduction tels que l’insuffisance pondérale à la naissance.
« Le problème des émissions au Canada est un problème de pollution de l’air, et l’aggravation de la pollution de l’air nuit à la santé de tout le monde », a déclaré le Dr Joe Vipond, ancien président de l’ACME et médecin urgentiste. « En effet, pendant que d’autres secteurs travaillent fort pour réduire leurs émissions, les compagnies pétrolières et gazières augmentent leur pollution. Nous demandons instamment au Premier ministre Trudeau d’agir rapidement pour faire appliquer un plafond d’émissions fort et efficace. »
Les professionnel(le)s de la santé affirment que les instruments politiques existants (tels que la tarification industrielle du carbone) ne réduisent pas les émissions assez rapidement, étant donné l’absence de réductions substantielles à ce jour, et qu’il existe donc un besoin évident de réglementation supplémentaire ciblant le secteur du pétrole et du gaz. Le gouvernement fédéral a déclaré à plusieurs reprises qu’il annoncerait un projet de réglementation à l’automne, mais les professionnel(le)s de la santé soulignent que la réglementation est urgente compte tenu de l’aggravation des effets sur la santé de la pollution atmosphérique liée aux activités pétrolières et gazières ainsi qu’au changement climatique.
Les signataires demandent :
- la publication d’un projet de règlement aussitôt que possible en septembre 2024, le plafond final devant être appliqué d’ici 2025 afin d’éviter tout retard supplémentaire;
- un plafond qui vise une réduction de 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, s’alignant sur les objectifs globaux de réduction des émissions du Canada. Les propositions actuelles sont insuffisantes;
- un plafond qui ne permette pas aux industries de contourner les réductions réelles d’émissions par le biais d’options de paiement ou de crédits compensatoires. Une mise en œuvre efficace nécessite l’élimination des lacunes et l’adoption de règles strictes.
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Lettre ouverte des professionnel(le)s de la santé au Premier ministre Trudeau en pièce jointe (pdf)
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