Revenir à l’ACME en ce moment précis

Par Anjali Helferty, Directrice générale adjointe

J’ai passé les 15 derniers mois en congé parental, à répondre, presque minute par minute, aux besoins constants de deux tout-petits. Ce fut une période à la fois magnifique et exigeante, et je dois avouer ressentir un certain soulagement à l’idée de revenir à notre grand projet collectif : bâtir un monde sain pour toutes et tous—y compris, mais pas uniquement, pour mes propres enfants.

Ce retour me semble d’autant plus crucial en ce moment précis.

Juste avant de rejoindre l’ACME, je préparais mon doctorat. Le sujet de ma thèse était inspiré de mon jeune temps de militante climatique et du travail de coalition au Canada et aux États-Unis. Elle portait sur les efforts d’environnementalistes non autochtones pour agir en solidarité avec les peuples autochtones dans la lutte contre les projets d’oléoducs.

À l’été 2020, j’ai terminé ma thèse et j’ai rejoint la communauté de l’ACME. Il me semblait que la bataille autour des oléoducs à travers le Canada était bel et bien derrière nous, mais c’était loin d’être le cas.

Tout en continuant de soutenir la première nation des Wet’suwet’en dans leur opposition au projet Coastal GasLink, une grande partie de notre travail à l’ACME ces dernières années s’est concentrée sur la réforme de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), l’adoption d’une législation nationale sur la justice environnementale, l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles, la lutte contre l’écoblanchiment, et le plaidoyer pour renforcer et adopter des lois climatiques fédérales telles que le Règlement sur l’électricité propre ainsi que le Plafond sur la pollution par les gaz à effet de serre du secteur pétrolier et gazier.

De plus, les médecins de l’ACME se sont rendus aux quatre coins du monde pour participer aux négociations internationales sur le climat et les plastiques. Il y avait de quoi espérer que ces projets qualifiés de « zombis » disparaîtraient pour de bon. Nous pouvions avancer, construire une réalité plus saine.

Et pourtant… quelle étrange sensation de voir ces projets se relèver encore une fois, comme un zombi qui refuse de mourir…

Malgré ce revirement décevant, je suis très heureuse d’être de retour à l’ACME en ce moment—alors que notre travail est plus crucial que jamais. Les voix des médecins sont exactement ce dont nous avons besoin pour offrir des perspectives réfléchies, justes, ancrées dans la science et la rigueur éthique, afin de sortir des impasses posées par notre dépendance excessive aux relations avec les États-Unis. Les voix de l’ACME, empreintes de vérité, de compassion et de réalisme, représentent une réponse puissante aux discours qui tentent de réhabiliter les oléoducs transnationaux comme choix « raisonnables » dans un climat ambiant d’irrationalité.

J’avais espéré que mon travail doctoral marquerait la fin de mon implication sur les questions d’oléoducs, et que nous pourrions collectivement avancer vers des politiques ancrées dans des visions autochtones de la santé et de l’épanouissement. 

Cependant, en retrouvant l’ACME, je me rappelle de la force unique que nous représentons : une communauté de médecins engagés pour la justice environnementale, dont les voix allient crédibilité scientifique et clarté morale profonde.

Quelle que soit l’issue du scrutin de la semaine prochaine—et j’espère que vous serez au rendez-vous, nombreuses et nombreux, pour voter lundi—j’ai hâte de poursuivre, avec cette communauté, notre travail collectif pour imaginer un avenir plus sain.

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